Le mot du directeur

Soumis par lfie le mer 19/04/2017 - 11:40
Yves Alix

Tout à la fois établissement universitaire et école d’application de la fonction publique, l’Enssib doit relever chaque jour les défis de la formation académique et de la formation professionnelle, sans en sacrifier aucun.
Formation académique : dans un monde chaotique, tenté par l’ignorance béate, ce tombeau de la démocratie, la République a plus que jamais besoin de savants ! Mais elle a aussi besoin de passeurs du savoir. Les métiers des bibliothèques, de la documentation et de ­l’archive sont les acteurs privilégiés de cette médiation essentielle, rendue plus nécessaire encore dans le monde numérique. La qualité de la formation à ces métiers est un impératif pour répondre à l’enjeu majeur de l’employabilité – un tiers de la vie quotidienne est occupé par le travail.
Formation professionnelle : elle doit aujourd’hui préparer à des métiers en évolution rapide, anticiper ces changements, les accompagner et les évaluer. Pour toutes les écoles de service public, s’ajoute le devoir de former des fonctionnaires compétents, réactifs et exemplaires.
La refonte de la formation des conservateurs d’État et de la ville de Paris, lancée début 2016, est pour l’Enssib un chantier majeur, « la mère de toutes les batailles ». Les élèves entrés en janvier 2016 (DCB 26) ont bénéficié des premiers éléments de la réforme. La promotion DCB 27, entrée en janvier dernier, est la première à suivre un parcours entièrement renouvelé. La dernière partie de la réforme est en cours d’instruction : nouvelles modalités d’évaluation, adossement au schéma LMD, dispositifs d’accompagnement à la prise de poste en sont les éléments majeurs. Il me paraît essentiel d’insister ici sur l’esprit dans lequel l’école a lancé cette réforme : concertation et recherche d’un large consensus professionnel d’un côté, clarté et fermeté d’exécution de l’autre. Le constat fait par le rapport IGB-IGAENR sur le parcours et les carrières des conservateurs, qui fait couler beaucoup d’encre, souvent d’une couleur sans nuance, est fondé, faut-il le rappeler, sur les promotions sorties avant le lancement de la réforme. L’Enssib, qui participe aux vagues d’évaluations nationales commandées tous les deux ans par le Réseau des écoles de service public, n’a rien relevé dans ce rapport qu’elle ne sût déjà. Depuis 2016, sur ce dossier, elle avance sans ­tâtonner, renforcée en 2017 par la création d’un conseil des professionnels du diplôme largement représentatif des employeurs, et l’adoption d’un référentiel de compétences qualifié par le ministère lui-même d’exemplaire.
Dans cette dynamique, l’Enssib a continué en 2017 de développer et de diversifier l’ensemble de son offre de formation : ouverture du diplôme d’établissement international DUSIB, aménagement de salles de pédagogie innovante, mise en place des conseils de perfectionnement et des référentiels de compétence, mise en œuvre de l’alternance, croissance continue de la FTLV et de la formation à distance.
Carrefour des sciences de l’information, de la bibliothéconomie et des enjeux du numérique informationnel, l’Enssib porte, soutient et accompagne des travaux de recherche de pointe dans son domaine. « L’Abécédaire des mondes lettrés », beau projet de cartographie et d’exploration des savoirs conçu par Christian Jacob, a été mis en ligne à la fin de l’année dernière. L’école participe à deux projets internationaux soutenus par l’ANR, « HyperOtlet » (autour du Traité de documentation de Paul Otlet) et Placed. La Lettre de la recherche, refondue et enrichie, et le carnet DLIS sur Hypotheses.org, témoignent de la richesse de ces travaux. Le dynamisme des deux équipes d’accueil attachées à l’école, Elico et le Centre Gabriel Naudé, s’est illustré à travers des colloques remarquables : « Où sont les bibliothèques spoliées par les nazis ? » à la Bulac et à la BNF, « Cide’20 » à l’Enssib, « Histoire du livre et pouvoirs de l’écrit » en hommage à Henri-Jean Martin, à l’École nationale des chartes.
Présence, rayonnement national et international, politique de publications (les Presses de l’Enssib fêteront en 2018 leur dixième anniversaire et leur centième titre), inscription dans les réseaux universitaires, professionnels ou territoriaux, partenariats solidaires : plus que jamais, l’Enssib, en s’appuyant sur ses équipes et ses outils, conduit avec détermination un projet d’établissement dont le mot d’ordre reste l’exigence d’une qualité optimale, au service des élèves, des étudiants et de la communauté professionnelle.

Yves Alix

Ce rapport 2017 de l’Enssib est dédié à la mémoire de deux anciens présidents de son conseil scientifique, qui ont l’une et l’autre accompagné et soutenu l’école avec générosité et enthousiasme : Louise Merzeau, décédée le 15 juillet, et Robert Damien, disparu le 26 octobre.