Finances

Soumis par lfie le mer 21/06/2017 - 15:37

 

Un contexte réglementaire dense

L’année 2017 a été marquée par le déploiement de la nouvelle gestion budgétaire et comptable publique (GBCP). Cette réforme majeure du cadre financier de l’État et de ses établissements publics a fortement mobilisé les agents du service financier et comptable autour, d’une part, de la mise en application concrète de ses principes directeurs et, d’autre part, de la prise en main d’un nouveau système d’information (SI) comptable et budgétaire conforme au cadre réglementaire remanié.
Ce nouveau SI, mis à la disposition de l’école par l’association Cocktail, n’est toutefois pas encore stabilisé et continue de faire l’objet d’évolutions par des mises à jour quasi hebdomadaires. Tout au long de l’année 2017, les services financier et informatique de l’Enssib ont ainsi travaillé en lien étroit avec ­l’association Cocktail pour faire remonter les différents blocages et les nécessaires corrections ou réglages à paramétrer. En parallèle, plusieurs formations internes ont été proposées par les agents du service financier aux autres services de l’école.

L’application pleine et entière de la GBCP a par ailleurs conduit l’Enssib à d’importants changements organisationnels, liés notamment aux circuits de validation financière, et facteurs de modernisation de sa gestion. À titre d’exemple, depuis le 1er janvier 2017, la validation des engagements juridiques et la certification des services faits relèvent de workflows susceptibles d’être générés par les seuls cadres bénéficiant d’une délégation de signature de l’ordonnateur. En parallèle de cette dématérialisation accrue, un travail de formalisation de l’identification des acteurs, de leur rôle et du périmètre de leurs responsabilités a été engagé.
Surtout, l’école s’est démarquée par son anticipation et sa réactivité dans le déploiement de la facturation électronique. L’utilisation désormais obligatoire de la plateforme ministérielle Chorus Portail Pro a conduit à d’importants changements de pratique. Avec un souci constant de continuité du service, les agents ont su faire évoluer leur activité et accompagner dans cette démarche, lorsque cela était nécessaire, les partenaires de l’école, ses clients ou ses fournisseurs.

Ce contexte réglementaire, dense, n’a toutefois en rien entamé la qualité du pilotage budgétaire de l’établissement et des informations financières présentées aux instances décisionnelles. Pour la première fois en 2017, la rédaction d’une lettre de cadrage par le directeur de l’Enssib et la budgétisation par opération ont permis de faire du contrat pluriannuel d’établissement un axe majeur de la construction budgétaire. D’importants efforts ont en outre permis de développer la prospective pluriannuelle, l’analyse de la soutenabilité des prévisions en dépense et le rapprochement des comptabilités générale et budgétaire. De nouveaux documents de pilotage sont ainsi produits par l’établissement, tels que le tableau de suivi des opérations pluriannuelles et le tableau de synthèse des comptabilités.
Enfin, la démarche de sécurisation des procédures financières a été poursuivie, notamment par la rédaction et la diffusion d’un guide pratique des déplacements professionnels, répertoriant la réglementation et les procédures internes applicables à ces questions sensibles.

Une solidité financière confirmée

Les bons résultats de l’exercice 2017 méritent d’être soulignés. Malgré une baisse sensible de ses ressources en 2017 (– 182 713 €), l’Enssib continue en effet de bénéficier d’une très bonne santé financière.
Sans surprise, la subvention pour charges de service public (SCSP) apparaît prépondérante dans les recettes de l’Enssib (79 %). Elle s’élève, pour 2017, à 2 237 915 €, dont 80 000 € de crédits exceptionnels alloués au titre d’actions spécifiques à mener en 2018 : d’une part, le renforcement du dispositif ­d’accompagnement et de tutorat de la formation à distance et le déploiement de l’innovation pédagogique, et, d’autre part, la poursuite des actions de coopération entreprises par l’Enssib et les centres régionaux de formation aux carrières des bibliothèques (CRFCB).
Les recettes propres, en deuxième position, représentent 18 % des recettes de l’école. Si les prévisions budgétaires arrêtées au budget initial ou revues à ­l’occasion des budgets rectificatifs ont été diversement atteintes selon les postes de recettes concernés, les recettes issues de la formation tout au long de la vie confirment leur place prépondérante (41 % des recettes propres pour un total de 206 855 €), celles issues des ventes des Presses de l’Enssib se stabilisent (9 % des recettes propres pour un total de 47 591 €), et celles issues des trois colloques organisés ou coorganisés par l’Enssib en 2017 (« Où sont les livres spoliés par les nazis ? Tentatives d’identification et de restitution, un chantier en cours », la Biennale du numérique 2017 et le colloque CIDE’20) affichent de bons résultats.
La part des ressources propres stricto sensu (hors recettes issues de la formation initiale des élèves conservateurs et bibliothécaires) dégagée en 2017 s’élève à 14 %. Ce niveau, déjà atteint en 2016, apparaît nettement supérieur à celui fixé au contrat 2016-2020 (11 %). Cette part est également plus élevée qu’en 2011, 2012, 2013 et 2014, l’école confirmant ainsi sa capacité à développer son niveau de ressources propres dans un contexte pourtant délicat (diminution des ventes de presse écrite, etc.).

Enfin, les autres financements reçus en 2017 par l’école proviennent de l’État (2 %), de l’ANR (1 %) et, dans des proportions moindres, de divers autres financeurs publics (0,63 %).
Le taux de réalisation des prévisions de recettes s’élève à 101 %, tandis que les taux d’exécution en dépense s’élèvent à 94 % pour le fonctionnement, 95 % pour le personnel et 75 % pour l’investissement. Ces niveaux, satisfaisants et en amélioration par rapport aux exercices précédents, traduisent à la fois la qualité des prévisions budgétaires et le plus grand recours à la fongibilité des crédits entre les multiples projets de l’école et ses différents services.
Les dépenses de l’exercice ont ainsi été, pour leur grande part, réalisées conformément aux prévisions affinées en BR. Plus d’une dizaine de marchés formalisés ont été conclus par l’Enssib en lien avec son activité quotidienne (renouvellement des équipements informatiques, fourniture de monographies et de périodiques, hébergement des agents en déplacement, etc.) ou dans le cadre d’opérations plus exceptionnelles : assistance à maîtrise d’ouvrage pour la conception du nouveau site web, mission de maîtrise d’œuvre pour la rénovation de l’amphithéâtre, aménagement de trois espaces de pédagogie innovante de nature à soutenir de nouvelles pratiques d’enseignement et d’apprentissage, travaux de réfection des sanitaires, etc.

Au 31 décembre 2017, les indicateurs financiers de l’Enssib apparaissent tous favorables, qu’il s’agisse de son solde budgétaire (+ 228 617 €), de son résultat (+ 131 687 €), de sa capacité d’autofinancement (+ 460 104 €), de son fonds de roulement (+ 2 492 904 €) ou encore de sa trésorerie (+ 1 716 058 €).
Ces résultats élevés s’inscrivent dans le prolongement des années précédentes et invitent l’établissement à se doter d’une politique d’investissement ambitieuse pour l’avenir.